Le gouvernement français contre Internet
A l’image de la parodie de démocratie que la France connaît aujourd’hui (tout comme bien des pays dans le monde désormais), il se trame en ce moment même dans notre pays des actes attentatoires à la liberté, qui sont une véritable insulte au peuple. Pendant que le système, qu’on nous a vendu comme le seul possible avec arrogance et condescendance, s’effondre lentement par pans entiers (et que nos dirigeants s’efforcent de sauver en serrant les fesses pour que les mêmes puissent continuer leurs turpitudes, qui seront bientôt étiquetées déontologiques, morales et éthiques, voire écologiques), le gouvernement ne trouve rien de mieux que de légiférer sur la loi Création et Internet (dite Hadopi). Cette loi, grosso modo, consiste à surveiller les réseaux de pair-à-pair, à envoyer des courriers préventifs aux internautes ayant échangé des fichiers copyrightés et à couper l’accès à Internet aux récidivistes. Le ministère de la Culture veut devenir un organe de répression et de “pédagogie”, au service de compagnies privées qui auront la tâche d’exécuter cette surveillance.
Or, cette loi est absurde, car le pair-à-pair n’est qu’un moyen parmi bien d’autres de copier et transférer des données (FTP, Beer to peer, CD, DVD, disques durs, clefs USB, etc.). Il faudrait quand même que quelqu’un leur enseigne que la copie de données est le propre de l’informatique, et que les ordinateurs passent leur temps à ça. Aucune loi ne peut aller contre (c’est comme de demander au soleil d’arrêter de chauffer la planète à cause du réchauffement climatique). Absurde, mais c’est une question de pédagogie, prétend le gouvernement (!).
Cette loi est liberticide, car elle tue la neutralité du net (qui sera filtré), veut fliquer tous les échanges pair-à-pair, octroie aux compagnies privées le
droit d’accuser quiconque sur simple « relevé » d’une adresse IP (c’est le numéro de votre accès à Internet à un moment donné), sans passer par la justice (exception qui n’est accordée qu’à la lutte anti-terroriste). Les droits à la défense sont bafoués. Pour vous protéger, vous devrez faire tourner en permanence sur votre machine un logiciel de surveillance du gouvernement. Les accès wifi publics seront bridés par le gouvernement. La CNIL sera exclue de la commission en charge de l’HADOPI.
Cette loi est contre-productive, car elle coûte cher pour tout le monde (le gouvernement, vous et les FAI), et le “piratage” changera juste de visage mais ne cessera absolument pas (ceux qui ne savent pas encore comment faire apprendront vite, voir ce billet plus bas dans les commentaires).
Cette la loi va semer le désordre, car les innocents, les “pirates” occasionnels et les véritables connaisseurs du net qui savent ce qu’il convient de faire pour échanger les données sans se faire voir, peuvent tous être accusés arbitrairement. Pourquoi ? Des pirates (des vrais, cette fois) proposent de tout simplement créer des listes d’IP et de les envoyer aux logiciels d’écoute que le gouvernement veut mettre en place. Bref, c’est la loterie et, comme le gouvernement prévoit qu’il y aura beaucoup de
gagnants (jusqu’à 10 000 mails par jour!), attendez-vous à être accusé sans raison et à devoir payer des avocats pour vous défendre. Les ignorants étant bien plus nombreux que les connaisseurs, je gage que les seconds seront plus touchés que les premiers, même si personne n’est à l’abri. Le seul vrai moyen de ne pas se retrouver sur ces listes accusatoires consiste à se désabonner de son fournisseur d’accès à Internet (pas d’adresse IP à son nom) et de pirater le wifi des voisins (du vrai piratage, cette fois). Cela se fait aisément, dit-on.
Cette loi n’est qu’un prétexte pour satisfaire les majors du cinéma et de l’industrie musicale, qui n’ont pas su évoluer vers un nouveau modèle marchand. Hadopi, c’est l’expression d’un mode de pensée archaïque qui consiste à croire que la répression généralisée va enseigner autre chose que la ruse. En réalité, la “politique de rupture” n’est que le maintien d’intérêts privés contre tout ce que la technologie peut offrir : à savoir toute la culture pour tout le monde. Les véritables débats (comment rémunérer les artistes ? est-ce que l’échange de fichiers est réellement du “piratage”?) ont été escamotés au profit d’un pinaillage législatif basé sur une incompréhension de la technique.
Cette loi, pour résumer, est l’expression de la volonté du gouvernement et des compagnies pour prendre le contrôle d’un système de diffusion et de distribution qui leur échappe, afin d’imposer leur norme et leurs intérêts dans un univers qui prétend justement s’affranchir des anciens modèles.
Peut-être m’accusera-t-on d’être un “gauchiste” ou un “anti-XXXXXX primaire”, et me rétorquera-t-on que ce serait pire si la gauche était au pouvoir ? Je réponds à cela : j’ignore lesquels des partis sont les moins évolués, mais je ne vois pas en quoi la bêtise prétendue de la gauche excuse celle du gouvernement présent. J’ai d’ailleurs lu que même à l’U.M.P., la majorité des membres du partis serait opposée l’Hadopi, mais trop lâche pour contester le président (y’a beaucoup de lâcheté en ce moment). Alors, les huîtres sont-elles plus évoluées que les moules ? Il suffit d’avoir regardé le débat parlementaire pour constater l’absolue indigence des débats de l’Assemblée Nationale (comment peut-on même appeler ça des débats?) où le gouvernement n’a cessé de faire la sourde oreille à des remarques globalement constructives (mais qui ne sont que des embellissements d’un système pourri jusqu’à l’os). La merde sera-t-elle moins merdique si on l’arrose de parfum ? Je ne sais si, comme l’affirment certains, le P.S. fait semblant d’être contre ce projet de loi, mais les députés de l’opposition présents dans l’hémicycle font honneur à leur mandat en soulignant l’absurdité du système.
A lire également sur la protection de la vie privée par VPN.
Mais aussi : Le retard de la France
Pour en savoir plus :
- PCINpact : [résumé de l’Hadopi] Comptes-rendus des débats à l’A.N. : [1] [2] [3]
- Swâmi Pataramesh : [inefficacité des procédés] [surveillance 24/7 nécessaire] [point de vue]
- Numérama : [leurres & accusations arbitraires]
- Journal d’un avocat (Eolas) : [le projet de loi] [point de vue]
- Café froid : [d’autres détails]
- etc. Vous trouverez plein de sites parlant du sujet, très peu en faveur de cette loi, parmi lesquels le site de propagande gouvernemental officiel : jaimelesartistes.fr (site susceptible d’être inaccessible à cause d’attaques de vrais pirates).
- Dicollecte pour l’article original.










Internet avec l’HADOPI n’est plus Internet. Il faut se rendre à l’évidence que c’est la fin d’Internet en France. Ceux qui l’auront compris sont ceux qui se battent pour la liberté.
Les autres, sont tout simplement des homos sapiens qui luttent pour leur pouvoir d’achat et qui ne savent pas qu »Internet est un business lucratif pour peu qu’ils aient un projet qui en vaille la peine.
C’est la fin d’Internet en France, et il y a fort à parier que cette culture disparaisse avec cette loi à 2 francs, parfaitement inefficace et bien loin du progrès que les humains demandent.
Nous sommes actuellement en train de régresser, et tout le monde s’en fiche visiblement.